La porte s’ouvre doucement, et le tableau qui m’attend au-delà me coupe le souffle.
Allongée sur le lit, ton corps nu baigne dans la lumière dorée du matin. Les rayons du soleil, espiègles, viennent effleurer ta peau comme pour me provoquer, dessinant sur toi des ombres délicates qui sculptent chaque courbe. Un bandeau recouvre tes yeux, ajoutant à cette vision angélique une promesse de mystère, un appel à l’audace.
Je reste là, immobile, quelques instants, captif de ce spectacle. Une œuvre d’art vivante. Puis, lentement, comme pour ne pas troubler l’équilibre parfait de cette scène, je m’avance.
Mes doigts effleurent ton pied, et je te sens frissonner. Ce petit soubresaut m’arrache un sourire. Tu es à ma merci, offerte, mais vibrante d’anticipation. Je prends le temps, une éternité en un instant, pour savourer la texture soyeuse de ta peau. Je remonte, du bout des doigts, sur la ligne délicate de ta cheville, explorant chaque relief, chaque courbe. Ton souffle s’accélère imperceptiblement quand mes doigts s’attardent sur ta cuisse, frôlant son galbe, s’approchant dangereusement de l’intime sans jamais céder à l’impatience.
Je t’effleure comme on effleure une étoile filante : avec une précaution mêlée de révérence. Mes mains tracent un chemin sur ton bras, remontant vers ton épaule, où je m’attarde un instant. Ta peau semble m’appeler, douce et chaude sous mes doigts. Ton bandeau t’empêche de voir, mais je sais que ton esprit devine, anticipe, se perd dans les méandres de l’imagination.
Je m’incline doucement. Mon souffle effleure la base de ton cou. Une chaleur subtile s’installe là où mes lèvres s’approchent, traçant un sentier invisible de promesses et de feu. Chaque baiser est un murmure, chaque caresse une phrase. Je m’attarde, lentement, avant de poursuivre ma descente.
Ta poitrine m’appelle, majestueuse dans sa perfection. Je me surprends à retenir mon propre souffle lorsque mes doigts se posent sur elle. Je redessine chaque contour, explore chaque nuance de texture, et lorsque mes lèvres rejoignent mes doigts, je t’entends soupirer. Ces soupirs, cette musique, me guident. Ma langue joue, taquine, se retire juste assez pour te faire languir, avant de revenir provoquer ces gémissements que je savoure comme un artiste savoure les applaudissements.
Mais je ne suis pas encore prêt à m’abandonner entièrement. Lentement, je reprends ma progression, laissant derrière moi ce temple de beauté pour explorer d’autres territoires.
Ta respiration devient un rythme saccadé, une mélodie haletante qui m’enchante. Mes doigts tracent une ligne espiègle autour de ton nombril avant de s’aventurer plus bas, là où ton corps semble vibrer d’attente. Tes hanches bougent presque imperceptiblement, guidées par une envie que je tiens en laisse.
Et puis, dans un élan de malice, mes doigts effleurent enfin l’interdit. Ton corps réagit instantanément, un frisson électrique qui traverse chaque fibre de ton être. Ton gémissement est une confession, une vérité que je savoure.
Je prends le temps, lentement, précautionneusement, de jouer sur les frontières du plaisir, chaque caresse plus audacieuse que la précédente. Lorsque finalement je décide de plonger, de t’emmener au-delà de cette tension insoutenable, c’est avec la promesse d’un abandon total, d’une communion où chaque geste devient un poème, chaque souffle une ode à l’extase.