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Littérature érotique

Un instant volé

Publié le 12/28/2024

Je ne m’attendais pas à ce cadeau.

La salle était remplie à craquer. Devant l’estrade, une centaine de visages attentifs attendaient que la conférencière prenne la parole. Elle était debout, droite, le regard perçant et la voix posée. Elle s’exprimait avec assurance dans un anglais presque parfait, enchaînant anecdotes et théories sur le rôle de la mémoire sensorielle dans nos choix de voyage.

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Moi, j’étais assis au fond, noyé dans la foule. L’anglais n’était pas ma langue maternelle, et chaque phrase me demandait un effort de concentration. Pourtant, je ne pouvais détacher mes yeux d’elle. Elle avait une façon unique d’habiter l’espace, de rendre son sujet vivant. Mais ce n’était pas seulement son charisme. Il y avait autre chose, une présence, une lumière.

Lorsqu’elle parla de l’importance du parfum pour ancrer les souvenirs, je fus envahi par une vague de nostalgie. Le parfum, disait-elle, était un messager invisible, capable de nous ramener en un instant à un moment précis. J’eus l’impression qu’elle s’adressait directement à moi. Les odeurs, les souvenirs : c’était mon monde.

À la pause, je m’approchai du buffet en espérant un café. J’étais nerveux, mais je ne savais pas pourquoi. Et puis, je la vis, debout près de la table, discutant avec un petit groupe. Je n’avais pas prévu de lui parler, mais mes pieds me portèrent malgré moi dans sa direction.

— It’s… very interesting, ce que vous avez dit, lâchai-je, maladroitement.

Elle se tourna vers moi, surprise, avant de sourire.

— Merci. Vous êtes dans le domaine ?

— Non, pas vraiment. Je voyage beaucoup… mais je ne suis pas sûr d’être autant connecté à mes souvenirs.

Elle éclata d’un rire léger, une mélodie.

— Peut-être qu’il vous manque juste les bons déclencheurs, dit-elle.

Sa voix était douce, presque complice. Je rougis, conscient de mon accent hésitant.

— Votre anglais n’est pas mauvais, vous savez, ajouta-t-elle, amusée.

— Pas aussi bon que le vôtre.

Elle haussa les épaules.

— Ça n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la conversation.

Et la conversation s’engagea. Nous parlâmes de voyages, de paysages marquants, de parfums oubliés. Elle évoqua le Maroc et ses souks saturés d’épices, l’Italie et ses ruelles humides. Moi, je lui décrivis un été passé à Bali, le goût salé de l’air marin, le parfum des fleurs tropicales au coucher du soleil.

La pause fut trop courte. Alors qu’elle retournait sur scène, elle glissa quelque chose dans ma main : une carte de visite, avec une note griffonnée au dos.

"Stay after. I have a story for you."

Et là, mon cœur s’emballa.

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